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Le Programme Exceptionnel d'Investissement
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LE PROGRAMME EXCEPTIONNEL D'INVESTISSEMENT: 2002-2017
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Elaboration
du PEI :
La
loi du 22 janvier 2002 relative à
la Corse comporte un volet économique qui traduit l'idée que l'amélioration
de la situation en Corse ne repose pas uniquement sur le respect de la légalité
républicaine ou sur de nouveaux transferts de compétences mais aussi sur l'instauration
d'une dynamique de développement économique nécessaire pour permettre à l'île
de rattraper son retard.
La loi met en place de nouveaux
outils en faveur du développement économique complémentaires des outils existants
tels que les crédits du contrat de plan Etat/Région, les crédits des fonds structurels
européens ou les mesures fiscales dérogatoires.
L'article
53 de la loi prévoit la mise en oeuvre d'un programme exceptionnel
d'investissement d'une durée de quinze ans pour « aider la Corse à
surmonter les handicaps naturels que constituent son relief et son insularité
et pour résorber son déficit en équipements et services collectifs ». La
programmation d'investissements publics doit notamment porter sur de grandes
opérations d'infrastructures de transports. Ces investissements seront financés
par l'Etat à hauteur de 70% en moyenne puis par la collectivité territoriale
de Corse et les autres collectivités maîtres d'ouvrage comme les communes ou
les conseils généraux.
Les
modalités de mise en oeuvre de ce programme sont inscrites dans la loi :
une convention-cadre portant sur la totalité du programme sur quinze ans et
une première convention d'application quinquennale seront signées entre l'Etat
et les maîtres d'ouvrage publics.
En
amont du vote de la loi, un important travail préparatoire a été effectué par
l'Etat et la collectivité territoriale de Corse.
Dans
un premier temps, une mission a été engagée par le préfet de Corse en concertation
avec le président du conseil exécutif pour identifier la situation objective
du retard de développement que connaît la Corse et recenser les besoins prioritaires
devant être satisfaits dans le programme. Ce diagnostic a permis d'estimer le
montant des besoins à satisfaire entre 1,83 et 1,98 milliards d'euros. Les grandes
orientations retenues à l'issue de cette réflexion ont été présentées à l'Assemblée
de Corse le 7 décembre 2001 .
Dans
un second temps, une nouvelle phase de concertation élargie a été engagée par
le préfet de Corse avec la collectivité territoriale de Corse et les autres
collectivités afin de préparer les conventions de mise en oeuvre du PEI.
Suite
à la promulgation de la loi du 22 janvier 2002, le projet de convention-cadre
et le document d'orientation annexé ainsi élaborés ont fait l'objet d'un accord
interministériel et d'un avis favorable de l'Assemblée de Corse lors de sa session
du 4 avril 2002. La convention-cadre a été signée
dans le délai fixé par la loi, le 22 avril 2002, par le préfet
de Corse et le président du conseil exécutif.
La première Convention
d'application pour la période 2003-2006 a été signée
le 26 octobre 2002 en présence de Nicolas Sarkozy, Ministre de L'Intérieur,
de la sécurité intérieure et des libertés locales
, par M. Jean Baggioni, Président du Conseil Exécutif de Corse
et par M. Dominique Dubois, Préfet de Corse.
La première convention d'application porte sur la période 2002-2006.
De nombreuses réunions techniques préparatoires se sont tenues
entre les services de l'Etat et les maîtres d'ouvrage porteurs de projets.
Elles ont permis de mieux connaître leurs attentes, de vérifier
l'état de préparation des dossiers et donc de discerner, parmi
l'ensemble des propositions présentées, celles dont la programmation
pourrait être envisagée d'ici 2006. Néanmoins, il ne s'agit
pas, à ce stade, de dresser une liste exhaustive de ces opérations.
Pour les quatre années à venir, la première convention
d'application s'inscrit dans un plafond de crédits fixé par le
Premier ministre au quart de l'ensemble du PEI, soit 481 millions d'euros, et
un rythme annuel d'engagement de crédits d'environ 120 millions d'euros
par an. En effet, compte tenu des délais de préparation et de
négociation, la première convention ne portera effectivement que
sur quatre années jusqu'en 2006. De plus, il est préférable
que la mise en oeuvre du PEI s'efforce, autant que faire se peut, de respecter
une montée en charge progressive des investissements pour mieux s'articuler
avec l'utilisation des autres sources de financements publics comme le contrat
de plan et le Docup. Cela permettra aux collectivités publiques et au
tissu économique et social de l'île de s'organiser pour mettre
en oeuvre le PEI.
A cette masse financière importante s'ajoutent les autres sources de
financements publics, les 300 millions d'euros du Contrat de Plan et les 121
millions du Docup pour 2003-2006. Le montant prévu dans la première
convention d'application du PEI vient donc plus que doubler sur la période
les financements publics déjà disponibles pour des projets d'investissements.
La première période de mise en oeuvre du PEI imposera un effort
conséquent aux collectivités publiques. Il s'agit pour les maîtres
d'ouvrage publics d'assurer leur part d'autofinancement dans la mesure où
la contribution globale de l'Etat s'établit au taux de 70% et de renforcer
leurs capacités d'ingénierie. La première convention d'application
devra donc être pour la collectivité l'occasion de mettre en place
un dispositif d'assistance à maîtrise d'ouvrage de façon
à s'assurer de la réalisation effective des opérations
les plus complexes dont elle aura la charge.
Compte tenu de ces contraintes techniques et financières, la préparation
de la convention d'application impose de sélectionner les opérations
de rattrapage prêtes à être engagées dès la
période 2002-2006.
La programmation qui sera faite en comité de programmation (COREPA) retiendra
les opérations en fonction de leur caractère d'urgence et de leur
maturité technique. Elles seront sélectionnées au regard
de leur justification économique et sociale, de leur faisabilité
économique et financière et de leur conformité aux impératifs
environnementaux.
Pour s'assurer de la maturité technique et financière des projets
présentés par les maîtres d'ouvrage, leur plan de financement
mentionnera le montant prévisionnel de l'investissement, la part prise
en charge par l'Etat, les autres financements mobilisés, la part restant
à la charge du maître d'ouvrage ainsi que les coûts de fonctionnement
ultérieurs et d'un calendrier technique de réalisation distinguant
les phases d'études et de travaux.
Présentation
du PEI sur 15 ans :
Le
PEI doit permettre à la Corse de surmonter ses handicaps naturels et son retard
structurel de développement.
La convention-cadre fixe les modalités
de mise en oeuvre du programme exceptionnel d'investissement sur quinze ans dont
le montant total s'élève à 1940,68 millions d'euros. Elle résulte des
analyses convergentes de l'Etat et de la collectivité territoriale de Corse
telles que retracées dans le plan de développement de la Corse actualisé par
la délibération de l'assemblée de Corse du 25 juin 1999 et dans les documents
stratégiques du contrat de plan et du document unique de programmation des fonds
européens. Le PEI doit précisément prendre en compte, au titre du retard de
développement, les besoins identifiés et non satisfaits dans les outils de programmation
existants.
Par cette convention, l'Etat et
la collectivité territoriale de Corse s'engagent à mettre en oeuvre sur quinze
ans des opérations d'investissement concourant aux objectifs suivants :
- le renforcement des infrastructures de base nécessaires au
développement de la Corse dans les domaines des transports, de l'éducation
et de la formation, de l'eau et de l'assainissement (1618,24
millions d'euros, soit 83,4% de la totalité du programme) ;
- l'amélioration des services collectifs en matière de santé,
des relations du travail, d'équipements sportifs et de plein air,
de culture et dans les domaine des NTIC (187,52 millions
d'euros, soit 9,7% de la totalité du programme) ;
- la mise en valeur de l'espace régional par le développement
rural et urbain (99,09 millions d'euros, soit 5,1% de la totalité
du programme).
Ces opérations seront identifiées
et sélectionnées par les trois conventions d'application quinquennales. La première
convention portant sur la période 2002-2006 est en cours d'élaboration depuis
la signature de la convention-cadre le 22 avril 2002.
La convention-cadre fixe uniquement
les grands objectifs et les masses financières du programme dans sa totalité :
Axe1 :
Renforcement des infrastructures de base :
Mesure
1-1 : transports
Sous-mesure
1-1-1 : les routes (1126,6 millions d'euros): modernisation des
trois axes prioritaires Ajaccio-Bastia, Bastia-Bonifacio et Ajaccio-Bonifacio ;
améliorations des axes prioritaires des réseaux routiers départementaux ;
déviations des agglomération dont la traversée est pénalisante, etc.
Sous-mesure
1-1-2 : le chemin de fer (89,18 millions d'euros): traitement des passages
à niveau, mise en sécurité du réseau, etc.
Sous-mesure
1-1-3 : les ports de commerce (50,3 millions d'euros) : réhabilitation
et extension des infrastructures portuaires ; renforcement de la sécurité
du trafic de passagers, etc.
Mesure
1-2 : éducation et formation
Sous-mesure
1-2-1 : enseignement secondaire et formation aux métiers du tourisme
(33,54 millions d'euros)
Sous-mesure
1-2-2 : enseignement supérieur (30,49 millions d'euros) : acquisitions
foncières pour l'extension de l'université, constructions universitaires (IUT,
IUP), logement étudiant, etc.
Sous-mesure
1-2-3 : formation professionnelle (4,57 millions d'euros) : amélioration
des infrastructures de formation professionnelle, développement des possibilités
de formation en alternance , etc.
Mesure
1-3 : eau et assainissement :
Sous-mesure
1-3-1 : eau brute (28,97 millions d'euros) : confortation et extension
des équipements de transfert d'eau (canalisations, pompages), etc.
Sous-mesure
1-3-2 : eau potable (129,58 millions d'euros) : modernisation
des réseaux d'eau potable
Sous-mesure
1-3-3 : assainissement (125,01 millions d'euros) : réhabilitation
de stations d'épuration, mise à niveau de réseaux d'eaux pluviales , etc.
Axe 2 : Amélioration des services collectifs :
Mesure
2-1 : santé (83,85 millions d'euros) :
rénovation de l'hôpital de Bastia, reconstruction de l'hôpital d'Ajaccio, amélioration
de l'accueil des handicapés, etc.
Mesure
2-2 : sport (35,06 millions d'euros) : constructions de salles
omnisports, de piscines, etc.
Mesure
2-3 : culture (42,69 millions d'euros) : construction d'une médiathèque,
mises aux normes de musées, créations de nouveaux centres culturels, etc.
Mesure
2-4 : relations du travail ( 3,05 millions d'euros) : créations
de maisons des syndicats, etc.
Mesure
2-5 : NTIC (22,87 millions d'euros) : réseau de télécommunications
à haut débit, etc.
Axe
3 : Mise en valeur de l'espace régional :
Mesure
3-1 : agriculture et développement rural
(22,87 millions d'euros) : mises aux normes d'installations collectives
comme les abattoirs, etc.
Mesure
3-2 : développement urbain (76,22 millions d'euros) : aménagement
d'espaces publics, actions en faveur du logement social, rénovation d'écoles,
etc.
ENTRE
le préfet de Corse, agissant dans le cadre des mandats
reçus du Premier ministre les 29 novembre 2000 et 16 novembre 2001
D'UNE PART,
ET,
le président du conseil exécutif de Corse, agissant
en vertu de la délibération de l'Assemblée de Corse
du 4 avril 2002
D'AUTRE PART,
VU le code général des collectivités territoriales
et notamment ses articles L.4421-1 à
L.4426-1 relatifs à la collectivité territoriale de Corse ;
VU l'article 53 de la loi n° 2002-92 du 22 janvier
2002 relative à la Corse ;
VU le décret n° 82-390 du 10 mai 1982 relatif
aux pouvoirs des préfets de région et à
l'action des services et organismes publics de l'Etat dans la région
tel qu'il a été
modifié et complété par le décret n° 92-604
du 1er juillet 1992 portant charte de la
déconcentration et par le décret n° 99-896 du 20 octobre 1999
;
VU le décret N° 99-1060 du 16 décembre
1999 relatif aux subventions de l'Etat pour
des projets d'investissement ;
IL EST CONVENU CE QUI SUIT :
Préambule :
Le relevé de conclusions des discussions engagées
par le Gouvernement avec les élus de Corse, remis le 20 juillet 2000,
retient l'engagement d'un programme exceptionnel d'investissements
publics d'une durée de 15 ans, destiné à combler les
retards d'équipements de la Corse.
La loi relative à la Corse dispose, dans son article 53,
que l'Etat conclut à cette fin une convention avec la collectivité
territoriale de Corse et précise que la contribution globale de l'Etat
ne pourra excéder 70 % du coût total du programme.
A la demande du Premier ministre, il a été procédé,
en concertation entre l'Etat et la collectivité territoriale de
Corse, au recensement des besoins prioritaires d'équipement susceptibles
de figurer dans ce programme. Le résultat de ces échanges a permis
d'estimer le montant des besoins à satisfaire à un montant
total maximal de 1,98 milliards d'Euros.
Conformément au nouveau mandat donné par le Premier
ministre le 16 novembre 2001, une nouvelle concertation s'est engagée
avec l'Assemblée de Corse et les autres collectivités locales
de façon à élaborer une convention-cadre portant sur l'ensemble
de la période de 15 ans.
Article 1 : Objet de la convention-cadre
Par la présente convention, l'Etat et la collectivité territoriale
de Corse conviennent de mettre en oeuvre les orientations décrites
dans le document figurant en annexe. Ces orientations visent à remettre
à niveau les équipements structurants de la Corse, répartis
par grandes catégories d'opérations : infrastructures de
transports et de communication, protection de l'environnement et valorisation
des territoires, cohésion sociale et formation, développement
urbain.
Article 2 : Modalités de financement des projets
L'Etat apporte une contribution égale à 70
% du coût total du programme, sa participation ne pouvant pas excéder
80 % pour une opération donnée. Les engagements financiers de
l'Etat et de la collectivité territoriale de Corse seront inscrits
dans les conventions d'application et s'exécuteront dans la
limite des dotations annuelles inscrites dans les lois de finances et aux budgets
de la collectivité territoriale de Corse et des autres maîtres
d'ouvrage.
La participation de l'Etat restera subordonnée à
l'engagement par les maîtres d'ouvrage de leur propre participation
et sera régie par les dispositions du décret du 16 décembre
1999 relatif aux subventions de l'Etat pour des projets d'investissement.
Article 3 : Modalités d'instruction et de
programmation
a) Choix des opérations
Des conventions d'application de la présente convention
identifieront les opérations qui seront programmées sur une période
déterminée. La première convention d'application liant
l'Etat et la Collectivité Territoriale de Corse portera sur la période
2002-2006. Des conventions spécifiques d'application pourront être
conclues entre l'Etat et les maîtres d'ouvrage autres que la
Collectivité Territoriale de Corse.
b) Instruction
Les dossiers de demande de subvention pour les travaux dont la
collectivité territoriale de Corse est maître d'ouvrage sont
instruits par les services de l'Etat. Les dossiers présentés
par un autre maître d'ouvrage sont instruits par les services de
l'Etat en association avec ceux de la collectivité territoriale
de Corse.
c) Programmation
Après instruction, les dossiers sont présentés,
pour avis, au comité régional de programmation des aides (COREPA),
instance de programmation des projets financés par le contrat de plan
et le DOCUP.
d) Décision d'attribution
Les décisions d'attribution des subventions de l'Etat
sont prises, après avis du COREPA, par le préfet de Corse, lorsque
l'ensemble des autres co-financeurs ont décidé de leur participation.
Les co-financements éventuels de la Collectivité Territoriale
de Corse sont décidés par délibération du Conseil
Exécutif, dans la limite des crédits votés par l'Assemblée
de Corse.
Article 4 : Ingénierie publique
La collectivité territoriale de Corse pourra bénéficier
de détachements ou de mises à disposition de fonctionnaires de
l'Etat pour renforcer ses capacités d'ingénierie.
Pour certaines opérations dont le coût et la complexité
le justifient, une assistance à maîtrise d'ouvrage pourra
être financée par l'Etat, dans l'enveloppe de l'opération,
au taux de 50% d'un plafond qui ne pourra pas excéder 2% du montant
hors taxes de l'opération.
Article 5 : Suivi et évaluation
Un bilan de l'avancement du programme sera établi
chaque année par un comité de suivi composé, à parité,
de représentants de l'Etat et de la collectivité territoriale
de Corse.
Le rôle du comité sera de formuler, au vu de l'avancement
des travaux, du coût des opérations et de l'évolution
des priorités, des propositions d'ajustements et de redéploiements
des opérations en application de l'article 6 de la présente
convention.
L'évaluation du programme sera réalisée
régulièrement dans le cadre des activités de la section
spécialisée de la conférence régionale d'aménagement
et de développement du territoire prévue à l'article
7 de la loi n° 99-533 du 25 juin 1999. Une somme égale à 6/10.000èmes
du montant total du PEI est réservée à cet effet et sera
financée à part égale entre l'Etat et la collectivité
territoriale de Corse.
Article 6 : Modifications
La présente convention peut faire l'objet, par accord
des deux parties, de modifications par voie d'avenant dans les formes identiques
à sa signature.
Fait à Ajaccio, le 22 avril 2002
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le préfet de Corse,
Dominique DUBOIS
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le président du conseil exécutif
dd Corse,
Jean BAGGIONI
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ANNEXE AU PROGRAMME
EXCEPTIONNEL D'INVESTISSEMENTS: Document d'orientation
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Introduction
Le relevé de conclusions des discussions engagées par le Gouvernement
avec les élus de Corse, remis le 20 juillet 2000, retient l'engagement
d'un programme exceptionnel d'investissements publics d'une durée
de 15 ans, destiné à combler les retards d'équipements
de la Corse.
A cet effet, le Premier ministre a adressé au préfet
de Corse un mandat en date du 29 novembre 2000 pour lui demander d'engager
des discussions avec la collectivité territoriale de Corse en vue d'élaborer
un projet. C'est ainsi que dans le courant du premier semestre 2001, le
préfet de Corse a remis au Premier ministre un rapport qui contenait
à la fois une description de la situation objective du retard de développement
que connaît la Corse, un recensement des besoins à satisfaire dans
le respect des grandes orientations fixées par le mandat du Gouvernement
et des propositions relatives aux modalités de mise en oeuvre du
PEI. Ce rapport a fait l'objet d'une concertation préalable
avec le président du conseil exécutif de Corse. L'évaluation
globale issue de ce diagnostic a conduit à estimer à la date d'établissement
du rapport, le montant total maximal des besoins à satisfaire entre 1,83
et 1,98 Md€.
Ainsi que l'avait demandé le Premier ministre, le
diagnostic et les orientations présentés dans le rapport se sont
fondés sur les analyses partagées entre l'Etat et la collectivité
territoriale de Corse et retracées dans le plan de développement
de la Corse actualisé par la délibération du 25 juin 1999
et les documents stratégiques du contrat de plan et du DOCUP 2000-2006.
Il doit être clairement précisé à cet égard
que le PEI n'a pas vocation à accompagner des opérations
dont le financement est déjà inscrit dans les documents actuels
de programmation. Au contraire, sa fonction est de prendre en compte, au titre
du retard de développement, les besoins identifiés et non satisfaits
dans le contrat de plan et le DOCUP.
L'article 53 de la loi du 22 janvier 2002 relative à
la Corse, fidèle en cela au relevé de conclusions du 20 juillet
2000, prévoit que la contribution qu'apportera l'Etat se montera
au plus à 70% du programme. Le mandat adressé au préfet
par le Premier ministre précise que la contribution de l'Etat ne
pourra pas dépasser 80% pour une opération donnée. Les
30% restant en moyenne devront donc être pris en charge par les maîtres
d'ouvrages locaux. La CTC, les conseils généraux, les établissements
publics de coopération intercommunale, les communes ou d'autres
opérateurs publics (agence de l'eau, hôpitaux
) seront,
chaque fois que nécessaire, associés aux plans de financement.
La question de l'ingénierie publique des projets fera l'objet
d'un examen attentif de façon à s'assurer de la réalisation
effective des opérations (Cf. article 4 de la convention-cadre.) Bien
que le taux de réalisation des documents de programmation précédents
place la Corse dans une situation comparable à celle des autres régions
françaises, la capacité des opérateurs publics sera très
sollicitée à l'occasion du PEI. Pour sa part, l'Etat
renforcera ses capacités en ingénierie publique. Compte tenu de
l'importance du programme, il pourra aussi contribuer à l'amélioration
qualitative de l'offre privée d'ingénierie par des missions
de conseil aux maîtres d'ouvrages.
Afin de prévoir les conditions optimales de réalisation
du programme et d'éviter aux différents maîtres d'ouvrage
des difficultés de trésorerie pouvant pénaliser l'avancement
des opérations, l'Etat veillera à ce que sa participation
soit versée chaque année en fonction des dépenses effectivement
supportées par les maîtres d'ouvrage.
En cas de difficultés de réalisation liées
à la faisabilité ou au coût des projets, la répartition
des crédits au sein du programme pourra être adaptée.
Le document d'orientation qui est présenté
ci-après repose sur un diagnostic de la situation actuelle et offre un
cadre de propositions et d'actions résultant de la concertation
engagée avec l'ensemble des collectivités concernées.
LE CONTENU DU PROGRAMME
Pour répondre à la situation de l'île
due à ses handicaps naturels et à son retard structurel de développement,
le Gouvernement a décidé de mettre en oeuvre un programme
exceptionnel d'investissements. Ce programme s'inspire notamment des
documents de programmation déjà élaborés ou en cours
de réalisation. Il se fonde sur une analyse de la situation actuelle
pour établir un diagnostic qui conduit à fixer trois séries
d'objectifs :
- Un renforcement des infrastructures de base nécessaires au développement
de la Corse dans les domaines des transports, de l'éducation et
de la formation et de la gestion de l'eau,
- Une amélioration des services collectifs en matière de santé,
de relations du travail, d'équipements sportifs et de plein air,
de culture et dans le domaine des nouvelles technologies de l'information
et de la communication,
- Une meilleure mise en valeur de l'espace régional.
AXE I - RENFORCER LES INFRASTRUCTURES DE BASE NECESSAIRES A
LA CORSE
Mesure 1-1 : les transports
Sous-mesure 1-1-1 : les routes
1- La situation actuelle
Le réseau routier de la collectivité territoriale
de Corse constitué par les anciennes routes nationales n'est pas
encore un réseau moderne répondant aux attentes de la population
et de l'économie et ceci malgré les investissements réalisés
par la collectivité territoriale de Corse depuis le transfert de compétences.
En effet, la vitesse moyenne sur les routes nationales en Corse n'est que de
60 km/h, alors qu'elle est voisine de 100 km/h en Sardaigne sur des axes comparables.
Par ailleurs, le taux d'accidents est 2,2 fois plus élevé que
la moyenne nationale.
Au-delà du comportement des usagers, il apparaît que l'insécurité
est liée à l'inadaptation du réseau routier non seulement
en zone rurale mais également dans les secteurs périurbains. Sur
le continent, des déviations sans accès direct assurent un écoulement
en toute sécurité du trafic. En Corse, le trafic de transit traverse
des agglomérations sur des longueurs importantes.
Par ailleurs, dans le projet de schéma d'aménagement
de la Corse élaboré en 1998 par la collectivité territoriale
de Corse, avait été reconnue, au-delà des routes nationales,
l'existence d'un réseau structurant de deuxième niveau, d'intérêt
régional, comprenant des routes départementales. Certaines sections
à flux touristique important datent de l'époque napoléonienne
et ont moins de 4m de large. D'autres présentent de graves problèmes
de sécurité en particulier au niveau des ouvrages d'art.
2- Les propositions
Le plan de développement de la Corse, puis le schéma
directeur des routes nationales adopté le 22 décembre 1995 ont
retenu trois axes prioritaires : Ajaccio-Corte-Bastia (RN 193), Bastia-Bonifacio
(RN 198) et Ajaccio-Bonifacio (RN 196).
Il conviendra d'achever la modernisation de l'axe Ajaccio-Bastia.
Les objectifs d'amélioration du confort et du temps de parcours
doivent conduire à le ramener à un temps inférieur à
deux heures. En outre, il devra être possible de dépasser dans
les secteurs montagneux sur plus de 20% de l'itinéraire dans chaque
sens de circulation. Un tunnel sous le col de Vizzanona, bien que d'un
coût très élevé compte tenu des prescriptions nouvelles
en matière de sécurité, permettrait un franchissement dans
de bonnes conditions et une diminution du temps de parcours. Toutefois, des
études préalables très précises devront être
entreprises avant toute décision de réalisation définitive.
L'axe Bastia-Bonifacio doit connaître une amélioration sensible,
spécialement sur le plan de la sécurité, puisqu'il
concentre la proportion la plus importante d'accidents. Les objectifs du
parti d'aménagement sont de garantir la capacité de l'axe,
voire de l'augmenter là où elle est aujourd'hui insuffisante,
de dévier les agglomérations dont la traversée présente
des difficultés, de supprimer les zones où l'insécurité
est importante et, dans les secteurs où la route actuelle sera conservée,
de rendre compatible avec la desserte locale l'écoulement en toute
sécurité d'un trafic de transit important.
Quant à la liaison Ajaccio-Bonifacio, bien que son trafic soit moindre,
elle doit également faire l'objet d'améliorations sensibles,
en particulier pour la déviation des agglomérations dont la traversée
est la plus pénalisante.
La réalisation de rocades d'agglomération
apparaît comme une priorité. En effet, les efforts faits pour la
modernisation du réseau routier, section courante, n'auraient qu'un intérêt
relatif si dans le même temps, les sections à fort trafic aux approches
des agglomérations d'Ajaccio et de Bastia et les rocades de ces deux
villes n'étaient pas traitées.
De plus, le PEI comportera des investissements sur des routes
qui, bien que n'étant pas de la compétence de la collectivité
territoriale, présentent un intérêt déjà qualifié
de régional dans le contrat de plan. Il s'agira de réaliser
un programme d'amélioration des axes prioritaires des réseaux
routiers départementaux.
3- Le montant estimé
Routes « nationales »,départementales et rocades urbaines
1126,6 M€
Sous-mesure 1-1-2 : le chemin de fer
1- La situation actuelle
Le diagnostic du fonctionnement du chemin de fer de la Corse
montre qu'aujourd'hui ses problèmes sont multiples : des temps de
parcours trop long, une sécurité de la voie insuffisante et un
matériel roulant obsolète. Il est donc peu utilisé. Ainsi,
les voyageurs parcourent 50 fois moins de kilomètres sur le réseau
ferré que sur les routes nationales et même au sud de Bastia, le
trafic de la voie ferrée reste inférieur à 1000 voyageurs/jour
quand celui de la RN 193 est de l'ordre de 30 000 véhicules/jour.
Entre Ajaccio et Bastia, la durée du voyage varie de 3 h 30 à
4 h par le chemin de fer contre 2 H 30 à 3 h par la route et entre Bastia
et Calvi, elle est de 3 h15 par chemin de fer contre 1 h 35 par la route.
2- Les propositions
Le PEI doit être l'occasion de réaliser un
véritable saut qualitatif dans la modernisation du réseau ferré
régional. En effet bien que les moyens du contrat de plan et du DOCUP
soient importants, ils ne sont pas suffisants pour rénover en profondeur
l'axe Ajaccio-Corte-Bastia et améliorer la desserte de la Balagne
et du sud de l'agglomération de Bastia qui sont pourtant nécessaires
tant pour la population résidente que pour la clientèle touristique.
Le réseau nécessite un important programme de modernisation. De
même, certains matériels roulants doivent être remplacés
et le parc doit être développé, en particulier pour accroître
l'offre de desserte périurbaine.
Les travaux pourraient comprendre des investissements liés à la
reconstitution de la plate-forme, au ballast, au traitement des passages à
niveau, à la mise en sécurité du réseau, notamment
pour ses ouvrages d'art.
3- Le montant estimé
Chemin de fer 89,18M€
Sous-mesure 1-1-3 : les ports de commerce
1- La situation actuelle
Certaines des infrastructures du port d'Ajaccio connaissent
des désordres plus ou moins importants. L'action de la houle, le
tassement des remblais, les accidents d'accostage ou le comblement naturel
du port constituent les éléments du diagnostic. De plus, le développement
des trafics du port (augmentation du nombre de compagnies de car ferries et
développement de la croisière) se heurtera bientôt à
des problèmes de disponibilité de postes à quai et de superficie
des terre-pleins.
Le port de Bastia ne bénéficie d'aucune protection
naturelle. Situé sur une côte rectiligne, toute extension de son
emprise sur la mer est d'un coût très élevé. Le site
a atteint avec ses huit postes à quai la dimension ultime possible. La
capacité de stockage sur le port est trop faible eu égard aux
capacités d'accueil de navires et l'agglomération souffre également
de possibilités restreintes de stationnement en son centre ville.
De même, les ports départementaux présentent
des insuffisances manifestes.
2- Les propositions
Les ports de commerce de Corse représentent un poumon
économique sans lequel aucun développement durable ne peut être
sérieusement envisagé. Cependant, ces équipements anciens
supportent des trafics importants qui justifient aujourd'hui une remise
à niveau.
Le maintien de l'activité des ports d'Ajaccio et de Bastia
rend nécessaire la réalisation de travaux importants qu'il
s'agisse de réhabilitation ou d'extension des infrastructures.
Les ports départementaux, qui représentent un trafic important
(810 000 passagers en 1999), ont besoin d'investissements de capacité
et de sécurité pour faire face à l'augmentation du
trafic.
3- Le montant estimé
Ports de commerce 50,30M€
La programmation des investissements en matière de routes, de voie ferrée
et de ports, tels que présentés ci-dessus, et sous réserve
des études économiques complémentaires indispensables,
pourrait conduire à la mise en place des financements suivants.
Mesure 1-1 Les transports Coût total en M€
Routes « nationales »,départementales et rocades urbaines
1126,6
Chemin de fer 89,18
Ports de commerce 50,30
TOTAL 1266,08
Mesure 1-2 : l'éducation et la formation
Sous-mesure 1-2-1 : l'enseignement secondaire et la formation
aux métiers du tourisme
1- La situation actuelle
Malgré les efforts réalisés ces dernières
années par la collectivité, certains établissements d'enseignement
secondaire présentent encore des caractéristiques (notamment en
ce qui concerne la sécurité) qui dénotent un retard tant
dans le domaine de la formation initiale que de la formation professionnelle
continue. La plupart sont dépourvus de salles de sport.
De plus, on voit aujourd'hui qu'une partie importante de l'économie
corse prend appui sur l'activité touristique en développement.
Le tourisme sous ses formes les plus qualitatives valorisant le patrimoine culturel
et naturel, est l'un des axes porteurs du développement économique.
L'absence d'un établissement d'enseignement spécialisé,
dans une région où la principale source de richesse pour l'économie
insulaire est le tourisme, fait apparaître dans ce domaine l'insuffisante
adéquation des enseignements au contexte économique régional.
2- Les propositions
S'agissant des équipements d'enseignement secondaires,
le PEI contribuera à la réalisation d'opérations très
ciblées concourant de manière particulièrement significative
à l'amélioration de l'offre de formation. Ces investissements
comprendront également des salles omnisports dans certains secteurs de
l'île où elles font particulièrement défaut.
Un établissement spécialisé dans la formation
aux métiers du tourisme permettant de répondre aux besoins de
qualification dans ce secteur accueillera des formations pré et post
baccalauréat.
3- Le montant estimé
Enseignement secondaire et formation aux métiers du tourisme
33,54M€
Sous-mesure 1-2-2 : l'enseignement supérieur
1- La situation actuelle
Dans l'enseignement supérieur, les difficultés
sont bien connues. Initialement conçue pour 500 étudiants, l'université
de Corse a dû faire face, au cours de ses 20 ans d'existence, à
un déficit chronique d'équipements, en réaménageant
des locaux mis à sa disposition en attendant la livraison des bâtiments
nécessaires à ses missions.
Le Crous dispose actuellement d'environ 800 chambres pour l'accueil
des étudiants, ce potentiel d'accueil n'a pas évolué
depuis 1993, alors que le nombre d'étudiants a progressé.
Par ailleurs, les étudiants sont confrontés à une offre
de logement limitée chez l'habitant ou dans les structures privées,
souvent mal adaptée et parfois trop chère.
Enfin, l'université manque de terrains disponibles pour envisager
une extension dans des conditions satisfaisantes.
2- Les propositions
Le contrat de plan 2000-2006 et le DOCUP prévoient un
effort très significatif en faveur de l'enseignement supérieur
avec l'achèvement des équipements universitaires de Corte
et le développement des pôles d'Ajaccio et de Bastia. Cet
effort sera poursuivi dans le PEI en matière de logement des étudiants
et de constitution de réserves foncières pour l'extension
future de l'université. Le programme intégrera également
la réalisation de constructions universitaires supplémentaires
( IUP et IUT) pour faire face à des besoins bien identifiés, correspondant
à la vocation et aux spécialités de l'université
et permettant de la conforter.
3- Le montant estimé
Enseignement supérieur 30,49 M€
Sous-mesure 1-2-3 : la formation professionnelle
1- La situation actuelle
En matière de formation professionnelle, la Corse présente
un certain nombre de disparités par rapport au niveau national. On enregistre
des sorties prématurées et sans qualification du système
éducatif plus élevées en Corse qu'ailleurs.
Le niveau de qualification des actifs est encore faible et constitue un handicap
pour l'économie insulaire.
Dans ce contexte, des actions essentielles ont été
engagées mais la situation des structures actuelles est inadaptée
en matière de formation des adultes (CFA). Les équipements sont
désuets et mal adaptés dans le domaine de la formation professionnelle
(centres AFPA).
2- Les propositions
Les infrastructures de formation professionnelle doivent également
connaître, à l'occasion du PEI, une amélioration significative
tant en nombre qu'en qualité de façon à favoriser
l'accès de tous les publics demandeurs à la formation et
à développer les possibilités de formation en alternance.
L'appareil régional de formation professionnelle est concentré
sur les deux pôles d'Ajaccio et de Bastia. Il convient de rechercher
un meilleur équilibre en procédant à des implantations
nouvelles dans des zones à fort potentiel d'emploi encore mal desservies.
3- Le montant estimé
Infrastructures de formation professionnelle 4,57 M€
La programmation des investissements dans les domaines de l'éducation
et de la formation pourrait conduire, sous réserve des études
complémentaires indispensables, à la mise en place des financements
suivants :
| Mesure 1-2 L'éducation et la formation |
Coût total en M€ |
| Enseignement secondaire et formation aux métiers du
tourisme |
33,54 |
| Enseignement supérieur |
30,49 |
| Infrastructures de formation professionnelle |
4,57 |
| TOTAL |
68,60 |
Mesure 1-3 : l'eau et l'assainissement
La maîtrise de l'eau reste l'une des priorités de la
Corse, île méditerranéenne où l'irrégularité
des précipitations dans le temps et dans l'espace, les régimes
d'étiage sévères des cours d'eau et l'absence
de nappes souterraines de taille significative, rendent indispensable la mise
en oeuvre d'ouvrages structurants de stockage et de transfert de l'eau.
L'aménagement hydraulique de la Corse, entrepris par la SOMIVAC
dans les années 1960 et poursuivi par l'O.E.H.C a permis de créer
des équipements, mais les besoins dans ce domaine sont sans cesse croissants.
Sous-mesure 1-3-1 : l'eau brute
1- La situation actuelle
Pour les usages agricoles, une sécheresse de plus en
plus marquée et des épisodes pluvieux de plus en plus rares, sur
la période Mai-Octobre notamment, se conjuguent avec la poursuite de
la reconversion des cultures et l'extension des superficies consacrées
aux plantes fourragères pour pouvoir assurer localement l'alimentation
du bétail.
Par ailleurs, en raison du relief montagneux, les zones urbanisées en
Corse sont souvent exposées aux risques hydrauliques et d'inondation.
2- Les propositions
Dès à présent, les études conduites
par l'OEHC permettent d'apprécier les efforts à poursuivre.
Ils concernent les secteurs non desservis où toute initiative de développement
de l'agriculture ou du tourisme est freinée. Ils concernent aussi
les secteurs déjà équipés mais où la ressource
reste fragile. Dans ce contexte, l'aménagement doit être poursuivi
selon deux axes : continuer la confortation des équipements, essentiellement
de transfert d'eau (canalisations, pompages), dans les secteurs déjà
équipés de façon significative en ouvrages structurants
et étendre les équipements à d'autres vallées
dont les équipements collectifs sont actuellement inexistants ou précaires.
Parallèlement, devront être continués les efforts entrepris
pour l'amélioration de la qualité des eaux brutes et la lutte
contre le gaspillage ainsi que la densification des réseaux d'irrigation
existants.
3- Le montant estimé
Eau brute 28,97 M€
Sous-mesure 1-3-2 : l'eau potable
1- La situation actuelle
Pour les ouvrages domestiques destinés à l'eau
potable, certaines collectivités souffrent d'un déficit chronique,
accru par la hausse de la fréquentation touristique estivale. Les communes
cibles principales sont les communes de l'intérieur de l'île.
Collectivités de montagne aux conditions de relief difficiles avec des
réseaux en mauvais état (conduites en amiante-ciment) et aux linéaires
importants, leur population résidente à l'année est
faible et souvent composée de personnes âgées, retraitées
ou de faibles revenus. Elles connaissent toutefois une forte variation saisonnière
de population liée au phénomène de retour dans les maisons
de familles de continentaux pour la période estivale.
Un problème de choix de tarification est donc posé
à ces communes pour assurer une assiette de recouvrement satisfaisante
et ne pas pénaliser les personnes résidentes à l'année.
Par ailleurs, ces collectivités ont connu ces dernières années
des difficultés croissantes en été pour faire face aux
demandes.
2- Les propositions
L'aménagement doit être poursuivi selon deux
axes :
Il s'agit d'accompagner un rattrapage structurel dont les clés
pour les services d'eau sont une augmentation progressive du prix pour
faire face aux besoins d'exploitation, de renouvellement et d'investissements,
et une amélioration de la gestion des services publics d'eau potable.
Une augmentation du prix de l'eau et l'amélioration du système
de tarification (forfait, part variable) passe par la pose de compteurs. Il
est donc nécessaire d'accompagner cette démarche en en facilitant
fortement le financement afin de ne pas rendre encore plus difficile les changements
nécessaires. Cette modernisation passe par un diagnostic des réseaux
afin de cerner les priorités d'investissements des communes.
Le renouvellement des conduites amiante-ciment concerne au premier chef des
collectivités n'ayant plus l'assise financière pour
assurer la mise à niveau, sur leurs seuls revenus d'eau, de leurs
ouvrages et réseaux pour un service public d'eau potable de niveau
convenable. Il s'agit donc d'accompagner des communes en difficulté
financière pour résoudre leur problème d'équilibre
de service d'eau.
Toutefois, il est rappelé que le prix des compteurs peut être répercuté
aux abonnés par le gestionnaire et qu'il ne constitue donc pas une dépense
pour les collectivités.
L'effort commun de l'Etat et de la CTC, ainsi que des autres collectivités
territoriales de Corse doit conduire au renforcement des réseaux dans
les communes.
Pour les communes rurales, le fonds national pour le développement des
adductions d'eau peut intervenir en complément de l'agence de l'eau et
des départements, pour financer certains travaux. Pour la répartition
des aides, le PEI privilégiera les communes rurales s'engageant à
une augmentation immédiate du prix de l'eau, à la tenue d'un budget
annexe pour le service d'eau, éventuellement équilibré
via le budget général pour les petites communes, au suivi d'un
cahier des charges précis pour le service d'exploitation (suffisamment
incitatif pour favoriser l'intercommunalité) et à l'établissement
d'un règlement de service.
La mise en oeuvre des crédits sur des projets relatifs à des
compteurs ou des conduites sera donc conditionnée à des engagements
des collectivités, soit en terme d'études complémentaires,
soit en terme d'impact sur leur tarification ou les conditions de gestion
et le niveau attendu, qui seront précisés dans les conventions
d'application.
3- Le montant estimé
Eau potable 129,58 M€
Sous-mesure 1-3-3 : l'assainissement
1- La situation actuelle
La Corse présente un retard important en assainissement,
en particulier sur le littoral. Le livre blanc de l'assainissement réalisé
en 1993 par l'office d'équipement hydraulique de Corse, envisageait un
besoin de traitement en 2010 de 890 000 équivalents habitants sur le
littoral.
Malgré les efforts très importants réalisés pendant
la période 1990-1999, les besoins de dépollution estimés
à l'horizon 2010 ne sont couverts aujourd'hui qu'à 65% avec
des différences importantes selon les bassins et en particulier de grandes
insuffisances dans les zones d'Ile-Rousse, d'Ajaccio, du Valinco et de l'Extrême
sud.
Par ailleurs, la mise aux nouvelles normes européennes (obligatoires
à partir de 2002) nécessite pour les grosses stations existantes,
la mise en place d'un échelon complémentaire (traitement tertiaire)
pour le traitement biologique.
Si les besoins de l'intérieur sont moindres en termes
d'équivalents habitants, le développement du tourisme rural y
est un axe d'avenir. Or de nombreuses communes de l'intérieur ne disposent
pas des stations d'épuration nécessaires. Les rejets d'eaux usées
sont un facteur majeur d'altération de la qualité des cours d'eau,
notamment en été, et certaines portions ont déjà
dû être interdites à la baignade. Par ailleurs, la ville
de Corte n'est pas équipée des capacités d'épuration
correspondant à sa population et à sa vocation de pôle universitaire.
Il faut également noter le problème majeur que constitue le traitement
des eaux pluviales, en particulier dans les agglomérations. Les réseaux
sont particulièrement défaillants et obèrent sérieusement
les possibilités de travaux de rénovation urbaine. Sans investissements
lourds dans ce domaine, il ne sera pas possible de modifier l'organisation
urbaine des villes d'Ajaccio et de Bastia. Le traitement des eaux pluviales
est ainsi un verrou qu'il faut faire disparaître.
2- Les propositions
Le traitement de 540 000 éq./h étant déjà
installé ou en cours d'installation, il reste à réaliser
le traitement de 350 000 éq/h supplémentaires.
Les équipements restant à réaliser pour atteindre l'objectif
concernent plusieurs stations de grande capacité.
De même, la mise aux nouvelles normes (création d'un traitement
tertiaire) des stations existantes rend nécessaires des investissements
importants.
Enfin, certaines stations existantes méritent une réhabilitation
ou une extension coûteuses.
Les investissements de mise à niveau des réseaux d'eaux pluviales
pour mieux lutter contre les inondations devront également être
pris en compte, là où les problèmes sont les plus urgents
à résoudre.
3- Le montant estimé
Assainissement et protection contre les inondations 125,01 M€
Dans les domaines de l'eau et de l'assainissement, la programmation
des investissements pourrait conduire, sous réserves des études
complémentaires indispensables, à la mise en place des financements
suivants :
| Mesure 1-3 Eau et assainissement |
Coût total en M€ |
| Eau brute |
28,97 |
| Eau potable |
129,58 |
| Assainissement et protection contre les inondations |
125,01 |
| TOTAL |
283,56 |
AXE I - RENFORCER LES INFRASTRUCTURES DE BASE NECESSAIRES A LA CORSE
TABLEAU RECAPITULATIF
| AXE I |
Coût total en M€ |
| LES TRANSPORTS |
1266,08 |
| L'EDUCATION ET LA FORMATION |
68,60 |
| L'EAU ET L'ASSAINISSEMENT |
283,56 |
| TOTAL |
1618,24 |
AXE II- AMELIORER LES SERVICES COLLECTIFS
Mesure 2-1 : la santé
1- La situation actuelle
La Corse dispose d'un taux d'équipement sanitaire
supérieur à la moyenne nationale, l'offre hospitalière
est suffisante : 5,3 lits pour 1000 habitants (moyenne nationale : 4,4), l'équipement
sanitaire en soins de suite et de réadaptation confirme cette tendance
alors que le taux d'équipement pour les soins de longue durée
est comparable au taux national. Mais elle souffre d'une mauvaise adéquation
de ces équipements mal adaptés au contexte régional. Un
grand nombre de communes rurales, certes peu peuplées, doivent composer
avec un équipement limité et un éloignement des services
qui leur manquent.
S'agissant du secteur hospitalier, si l'offre hospitalière
est suffisante, les établissements hospitaliers des grandes villes qui
concentrent plus de 80 % de l'offre de soins, présentent des contraintes
géographiques et organisationnelles, nécessitent une mise aux
normes à travers la rénovation de certains services conduisant
à une restructuration complète ou à des adaptations significatives.
Les structures d'accueil des handicapés sont nettement déficitaires
qualitativement et quantitativement en nombre de places mais aussi dans les
modes de prise en charge avec des disparités et un déséquilibre
entre les deux départements. Le taux d'équipement en maisons
d'accueil spécialisées est de moitié inférieur
au taux national.
En ce qui concerne l'accueil des handicapés, le taux global en lits
et places d'enfants est nettement inférieur à celui de la
France entière (6.03 contre 8.38). Le manque de place est important dans
les foyers. Les ateliers protégés sont inexistants, seuls les
CAT connaissent un nombre de places convenable.
2- Les propositions
Le programme portera en priorité sur les équipements
hospitaliers d'Ajaccio et de Bastia qui jouent un rôle prépondérant
dans le dispositif sanitaire de la Corse. L'hôpital d'Ajaccio
a manifestement besoin d'une reconstruction à neuf et celui de Bastia,
qui est plus récent, a besoin qu'il soit procédé aux
adaptations significatives qui n'ont pas eu lieu depuis sa création.
Par ailleurs, la Corse présente un déficit quantitatif et qualitatif
en matière d'accueil des handicapés. Il convient d'impulser
une véritable rénovation de ce type d'équipements
dans ce secteur où les compétences de l'Etat sont partagées
avec les départements.
3- Le montant estimé
La programmation des investissements dans le domaine de la santé
pourrait conduire, sous réserve des études complémentaires
indispensables, à la mise en place des financements suivants :
La santé 83,85 M€
Mesure 2-2 : le sport
1- La situation actuelle
Le recensement des équipements sportifs en Corse a permis
de dégager un certain nombre de constats.
Certaines disciplines sportives ne disposent pas des équipements adéquats.
Même lorsqu'il existe, le parc d'équipements présente
un état de vétusté et de manque d'entretien rendant
le plus souvent les installations sportives inaptes à une utilisation
dans des conditions convenables de sécurité : équipements
vieillissants et souvent hors normes fédérales (sports de salle
de niveau national, volley-ball, etc..), manque de structures d'accueil
pour les spectacles sportifs et compétitions de haut niveau, absence
d'équipements (circuits pour sports mécaniques, stades d'athlétisme),
déséquilibre entre l'offre des deux plus grandes agglomérations
et les micro régions du rural.
La faiblesse de la démographie de la Corse, les contraintes liées
à l'insularité et aux difficultés de communication
au sein de l'île, l'insuffisance d'équipements sportifs
adaptés, ne favorisent pas l'accès des jeunes corses au sport
de haut niveau. Ainsi dès l'initiation, l'éducation
physique et sportive enseignée dans les lycées et collèges
souffre en Corse d'un déficit important en infrastructures sportives,
la plupart des établissements scolaires sont dépourvus de salles
de sports et n'en disposent pas dans leur proximité.
En matière de natation, les jeunes corses ne disposent pas en nombre
suffisant d'installations nécessaires à l'apprentissage
de cette discipline.
2- Les propositions
Le PEI mettra l'accent principalement sur la rénovation
des équipements sportifs existants, de niveau national ou régional.
Des réalisations nouvelles devront toutefois être incluses dans
le programme pour le développement des pratiques sportives, les besoins
scolaires et universitaires ou les équipements de pleine nature liés
à l'activité touristique. La réalisation à
Ajaccio d'un stade d'une capacité suffisante pour accueillir
des rencontres sportives importantes doit être étudiée.
La réduction du déficit des établissements scolaires en
salles de sport doit être une priorité (cf. chapitre éducation).
La pratique de la natation devra aussi être mieux prise en compte.
3- Le montant estimé
La programmation des investissements sportifs pourrait conduire,
sous réserve des études complémentaires indispensables,
à la mise en place des financements suivants :
Le sport 35,06 M€
Mesure 2-3 : la culture
1- La situation actuelle
La Corse présente une faible présence d'équipements
culturels, avec toutefois une disparité sensible entre la Haute Corse
(mieux équipée) et la Corse du Sud, et entre Bastia et Ajaccio.
La Corse affiche un retard important en ce qui concerne les équipements
structurants. Ceux-ci, lorsqu'ils existent, nécessitent d'être
modernisés ou restructurés voire réhabilités pour
permettre un accueil satisfaisant des manifestations. Certaines micro régions
éloignées des centres urbains se trouvent dépourvues entièrement
de toute structure.
Malgré la faible densité démographique, le secteur du spectacle
vivant présente une forte mobilisation des artistes et un nombre important
de personnes qui s'y investissent. L'absence de lieux scéniques convenablement
équipés handicape à la fois les artistes et le public insulaire.
Une réelle carence est constatée dans le domaine du livre et de
la lecture et de l'art contemporain.
En ce qui concerne le livre et la lecture, seuls figurent à
Ajaccio une bibliothèque historique et un embryon mal équipé
de bibliothèque de prêt.
Dans le domaine des arts plastiques, l'unique structure publique d'art contemporain
dans l'île, le Fonds Régional d'Art Contemporain, a vu sa collection
détruite par un incendie en 2001. Il n'existe pas de centre d'art ou
d'école supérieure d'arts plastiques.
La Corse offre une réelle richesse patrimoniale alliée à
une nature sans égale en Méditerranée. Toutefois ce patrimoine
est le plus souvent dispersé dans de nombreuses communes aujourd'hui
totalement désargentées. Reflet du patrimoine et de l'histoire
de l'île, le réseau des musées se doit de participer au
développement du tourisme culturel. Le réseau est peu dense mais
recèle de belles richesses souvent mal exploitées.
2- Les propositions
Dans le domaine du spectacle vivant, la création d'un
équipement professionnel consacré au spectacle vivant, à
sa production et à sa diffusion, devra trouver sa place dans ce programme.
Dans le domaine du livre et de la lecture, la construction d'une médiathèque
comme pôle d'excellence permettra de structurer un réseau plus
large à partir d'actions en matière de diffusion, notamment dans
les zones rurales. Un effort particulier est à fournir en multipliant
les lieux de consultations et de prêt en renforçant l'accès
aux nouvelles technologies de la documentation et de la communication.
Un réseau régional de l'art contemporain, pour une politique de
diffusion, de soutien à la création et à la formation est
à encourager pour rattraper le retard pris dans ce domaine, en comparaison
avec les autres régions françaises. La priorité sera donnée
à la reconstruction du FRAC.
Certaines micro régions accusent un retard en matière d'équipements
structurants. Un effort sera consacré à la création de
centres culturels sur la base de projets nouveaux pour s'inscrire comme pôle
ressource dans le paysage culturel régional.
En cohérence avec la politique conduite par la collectivités territoriale
de Corse, le PEI s'attachera à financer des investissements liées
à la restauration de certains éléments du patrimoine corse
les plus remarquables et à permettre la mise aux normes de certains musées
de référence.
3- Le montant estimé
Dans le secteur culturel, la programmation des investissements
établie à partir de chacune des priorités énoncées
ci-dessus pourrait conduire, sous réserve des études complémentaires
indispensables, à la mise en place des financements suivants
La culture 42,69 M€
Mesure 2-4 : les relations du travail
Le dialogue social est une composante indispensable de toute démarche
de développement économique et, à ce titre, le PEI soutiendra
la réalisation d'équipements permettant aux organisations
représentatives de salariés de disposer des moyens nécessaires
à leur activité en leur offrant des locaux de qualité.
Dans ce secteur, la programmation des investissements pourrait conduire, sous
réserve des études complémentaires indispensables, à
la mise en place des financements suivants :
Les relations du travail 3,05 M€
Mesure 2-5 : les NTIC
En plus des crédits inscrits dans le contrat de plan et le DOCUP, le
PEI est l'occasion d'accélérer la réalisation
d'un réseau à haut débit de niveau régional,
d'achever la couverture en téléphonie mobile, de faciliter
la télé activité par le raccordement au réseau de
centres spécialisés et de permettre la diffusion la plus large
des services collectifs, notamment en matière de formation, de santé
et d'accès aux formalités administratives.
Dans ce secteur, la programmation des investissements pourrait conduire, sous
réserve des études complémentaires indispensables, à
la mise en place des financements suivants :
Les N.T.I.C. 22,87 M€
Le traitement des déchets
En fonction des évaluations réalisées par l'ADEME,
l'Etat et la CTC ont convenu d'inscrire au contrat de plan et au DOCUP
les crédits nécessaires pour la période 2000-2006. Dans
l'hypothèse où on constaterait une réalisation des
opérations plus rapide que prévue et donc une insuffisance de
financement, le comité de suivi du PEI aura la possibilité de
procéder aux redéploiements nécessaires dans le cadre des
conventions d'application du programme.
AXE II - AMELIORER LES SERVICES COLLECTIFS
TABLEAU RECAPITULATIF
| AXE II |
Coût total en M€ |
| LA SANTE |
83,85 |
| LE SPORT |
35,06 |
| LA CULTURE |
42,69 |
| LES RELATIONS DU TRAVAIL |
3,05 |
| LES N.T.I.C. |
22,87 |
| TOTAL |
187,52 |
AXE III- METTRE EN VALEUR L'ESPACE REGIONAL
Mesure 3-1 : l'agriculture et le développement
rural
1- La situation actuelle
L'agriculture corse qui souffre d'un net retard en termes
d'investissements structurants permettant la mise en application des réglementations
communautaires relatives à la sécurité sanitaire et alimentaire,
de structuration des filières et de valorisation des productions locales,
présente des systèmes très variés.
La viticulture, première activité agricole (près de 380.000
hectolitres) s'est orientée vers une production de crus de qualité
(A.O.C.). Si la production a atteint un stade de modernisation et de structuration
tout à fait satisfaisant, les caves coopératives restent dans
un état de vétusté qui nécessite des investissements.
L'élevage est surtout le fait de la production de lait de chèvres
et de brebis en vue de la fabrication de fromages. Les porcs élevés
en liberté ou semi-liberté donnent une charcuterie réputée.
L'étroitesse du marché et le retard d'équipement en abattoirs
freinent le développement des filières viande.
Malgré les efforts engagés ces dernières années,
un certain nombre d'activités agricoles sont en régression
avec des conséquences graves sur le maintien d'une population en
zones difficiles de la montagne et de l'intérieur de la Corse.
2- Les propositions
Un effort important doit être fait en matière de
mise aux normes des installations collectives que sont les caves coopératives,
les abattoirs ou les centres de transformation.
L'encouragement de l'installation de jeunes et la pérennisation
des exploitations laissées par les exploitants âgés nécessitent
une mise à niveau technique et la modernisation des outils en place.
D'une façon générale, les investissements inscrits
au PEI devront permettre à la Corse de rattraper son retard en terme
d'investissements structurants permettant la mise en application des réglementations
relatives à la sécurité sanitaire et alimentaire de certaines
productions mais aussi en terme de structuration des filières et d'évolutions
en matière de plus value issue de la transformation locale.
Les activités agricoles s'inscrivent dans un milieu rural caractérisé
par un fort cloisonnement et une carence importante en matière d'organisation.
L'un des objectifs fondamentaux dans ce domaine réside dans la structuration
du territoire en « pays » cohérents, s'articulant autour
d'axes et d'opérations de développement significatifs.
L'intercommunalité est sans doute le moyen le plus adéquat
pour mettre en oeuvre une politique efficace.
La résorption des retards souvent criants passe également par
des interventions de type sectoriel, tels que l'amélioration des
infrastructures d'eau et d'assainissement et le maintien des services
collectifs. L'action sur le réseau routier « national »
et départemental est également de nature à lutter contre
la désertification de l'intérieur. Les projets agricoles
et ceux structurants pour le développement du tourisme rural et la valorisation
des ressources naturelles seront favorisés, sous réserve de leur
contribution à la création d'activités et d'emplois
et que leur financement soit d'abord recherché à travers
le contrat de plan et le Docup.
3- Le montant estimé
L'ensemble de ces investissements, sous réserve des
études complémentaires indispensables, pourrait conduire à
la mise en place des financements suivants :
L'Agriculture et le développement rural 22,87 M€
Mesure 3-2 : le développement urbain
1- La situation actuelle
Les villes d'Ajaccio et de Bastia, présentent un déficit
important d'aménagements urbains. Dans les quartiers anciens comme dans
les quartiers récemment construits, l'espace urbain public ou privé
est le plus souvent peu ou pas traité, contribuant ainsi à la
dévalorisation de l'espace bâti environnant.
La ville d'Ajaccio a connu un accroissement démographique porté
essentiellement par l'exode rural, le tourisme littoral et le renforcement de
sa vocation administrative. Entre 1968 et 1975, 5.000 nouveaux logements ont
ainsi été construits. Cette urbanisation s'est concentrée
essentiellement dans des quartiers périphériques à l'est
de la ville (Saint-Jean, Castel Vecchio, les Cannes, Finosello, les Salines,
Saint-Joseph, Pietralba) où l'on trouve une juxtaposition d'îlots
composés de "résidences" sans liaisons les unes avec
les autres et un environnement immédiat peu satisfaisant.
On peut également relever dans ces quartiers d'habitat populaire une
insuffisance d'équipements collectifs, d'espaces verts de proximité,
de centres d'attraction et d'animation.
De 1960 à 1980, la population de la ville de Bastia a
augmenté de 25.000 habitants et le parc immobilier actuel, essentiellement
des HLM, est constitué aux trois quarts par des logements construits
à cette époque dans les quartiers sud.
Dans le centre ancien on peut signaler un nombre important d'espaces publics
en mauvais état, sans fonction clairement identifiée, de nombreuses
placettes accueillant prioritairement les véhicules des résidents.
La difficulté de mise en oeuvre du projet de parking souterrain à
la Citadelle retarde l'intervention sur les espaces publics dans le quartier.
2- Les propositions
Le PEI favorisera le renouvellement urbain dans les villes d'Ajaccio
et de Bastia. Il financera des opérations de développement sur
la base de projets globaux présentés par les communautés
d'agglomération. Ces financements seront organisés dans le
cadre des contrats d'agglomération et porteront notamment sur l'aménagement
des espaces publics, l'amélioration du bâti, les actions en
faveur du logement social, les investissements liés à la mise
en oeuvre des plans de déplacements urbains et des services collectifs
de proximité. Seront également prises en compte dans ce cadre
des opérations particulièrement urgentes concernant des infrastructures
scolaires communales très dégradées et présentant
de graves carences sur le plan de la sécurité. Les opérations
devront être bien identifiées et de portée significative.
Elles seront financées en plus des actions déjà prévues
au titre de la politique du logement, de la politique de la ville, du contrat
de plan et du DOCUP, du PIC URBAN ou des opérations de renouvellement
urbain.
Des villes telles que Porto-Vecchio, Calvi, Sartène
présentent des caractéristiques et des besoins propres liés
à leur caractère de pôles touristiques. Leurs infrastructures
et leurs équipements collectifs devront être adaptés en
conséquence au moyen des crédits prévus à cet effet
au contrat de plan et au DOCUP. Le PEI pourra venir compléter ces financements
s'ils s'avéraient insuffisants.
Par ailleurs, Corte, ville universitaire, a également des besoins spécifiques
à satisfaire. La vocation universitaire de cette ville doit inciter à
une meilleure prise en compte des aménagements urbains nécessaires
au fonctionnement de l'université et à l'attractivité
de la ville. On constate qu'aujourd'hui les questions foncières
sont un obstacle difficile à franchir. Une réflexion d'ensemble
doit être menée pour accompagner dans cette ville une politique
urbaine dynamique.
3- Le montant estimé
Ces propositions, sous réserve des études complémentaires
indispensables, pourraient conduire à la mise en place du financement
suivant :
Le développement urbain 76,22 M€
AXE III - METTRE EN VALEUR L'ESPACE REGIONAL
TABLEAU RECAPITULATIF
| AXE III |
Coût total en M€ |
| L'AGRICULTURE ET LE DEVELOPPEMENT RURAL |
22,87 |
| LE DEVELOPPEMENT URBAIN |
76,22 |
| TOTAL |
99,09 |
AXE IV- L'ASSISTANCE A MAITRISE D'OUVRAGE
Le montant très important des investissements prévus rend nécessaire
le renforcement de la maîtrise d'ouvrage publique qui sera chargée
de la mise en oeuvre du programme. D'une façon générale,
même si l'Etat apporte la majeure partie du financement, il n'a
pas vocation à se substituer aux acteurs locaux dans la réalisation
des projets.
Par conséquent, la mise en oeuvre du programme va rendre indispensable
le renforcement en Corse des capacités de conception, de programmation,
d'analyse juridique et de suivi technique et financier.
En application de l'article 4 de la convention, une somme de 35,83 M€
figure au P.E.I, soit environ 2% du montant total. Cette somme est destinée
à être réintégrée dans le montant des opérations
qui pourront, après avis du COREPA, bénéficier du financement
d'une assistance à maître d'ouvrage.
AXE IV - L'ASSISTANCE A MAITRISE D'OUVRAGE
| AXE IV |
Coût total en M€ |
| L'ASSISTANCE A MAITRISE D'OUVRAGE |
35,83 M€ |
TABLEAU RECAPITULATIF GENERAL
| AXES |
Coût total en M€ |
| I. RENFORCER LES INFRASTRUCTURES DE BASE |
1618,24 |
| II. AMELIORER LES SERVICES COLLECTIFS |
187,52 |
| III. METTRE EN VALEUR L'ESPACE REGIONAL |
99,09 |
| IV. L'ASSISTANCE A MAITRISE D'OUVRAGE |
35,83 |
| TOTAL |
1940,68 |
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